Gouvernance & Leadership

Par Marc Ansoult

On entend souvent qu’il manque un vrai leader pour régler les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées. Nous sommes alors dans la posture de se focaliser sur la recherche de LA personne qui pourrait au mieux définir la politique des années à venir et régler tous nos problèmes.  

Si a priori on pense qu’un leader charismatique bien connu du grand public soit la bonne solution, une étude menée aux Etats-Unis a montré que les CEO dont les entreprises avaient pris régulièrement de la valeur en bourse sur une durée de plus de 10 ans étaient en général inconnus du grand public.  

Marc Deschamps dans son cours de gouvernance d’entreprise à la SBS demande à ses étudiants d’estimer le nombre de noix dans un bocal. Les participants énoncent généralement avec beaucoup d’aplomb leur estimation qui peut varier d’un facteur de un à trois. L’estimation la plus proche est systématiquement obtenue après discussion. Et bizarrement, au plus il y a de points de vue fort divergents qui se confrontent, au plus l’estimation finale est juste.  

Le professeur Vankerkem à l'UMONS, spécialiste des équipes innovantes, ne dit rien d’autre quand il enseigne qu’une équipe sera performante si elle se compose à dose égale de profil de type orienteur, serveur, prospecteur, planificateur, facilitateur, réalisateur et contrôleur.  Dans le contexte du MBTI, on dira aussi qu’une assemblée est performante si elle comporte des profils différents et pas seulement ceux de dirigeants de type ENTP. En gouvernance, les chercheurs de l’université de Sherbrooke considèrent que les décisions et mises en oeuvre des actions publiques devraient se faire par tous les acteurs qui ont un pouvoir ou un intérêt dans la chose traitée.   

In fine, LA personne recherchée ne serait pas celle qui promeut telle ou telle solution de gauche ou de droite à nos problèmes de société mais sera celle qui promeut la ou les meilleures assemblées qui représenteront au mieux la société dans tous les aspects concernés, dont les membres auront des opinions et des profils différents et qui proposeront les meilleures solutions pour tous.

Le programme du leader attendu sera alors de déclarer quelles assemblées il va convoquer à quelles fins et de quelle manière il va les composer (citoyens, élus, experts …).  Si l’on est d’accord sur la mission des assemblées et si l’on est d’accord sur ceux qui y siègeront, on peut penser que les résultats seront meilleurs que ceux produits actuellement. Certaines assemblées pourraient reprendre des fonctions dévolues traditionnellement, par exemple, aux cabinets ministériels.

Si l’on fait de la gouvernance un art de vivre, l’assemblée est le couteau suisse à avoir toujours en poche, qu’il s’agisse d’une assemblée de famille, d’une assemblée de société, ou d’une assemblée liée à la gestion des biens publics.  

De nombreux citoyens pourraient aujourd'hui siéger dans une assemblée et prendre des responsabilités par rapport aux enjeux de société auxquels nous sommes confrontés.

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