Comment éviter ce “terrifiant futur en changeant notre comportement présent” ?

Bryan Walsh dans un article paru dans le Times signalait qu’il existe des bases scientifiques au sujet de notre impuissance face au terrifiant futur lié au changement climatique. En étudiant les réactions de notre cortex préfrontal médian via une résonance magnétique, on constate que plus une préoccupation est lointaine et impersonnelle, moins notre cerveau réagit... ce qui signifie que l’on ne prendra probablement pas action quel que soit le danger encouru. 

Sans surprise, c’est quand je pense à moi et à mes préoccupations immédiates que la réaction est la plus forte. Si je me projette dans le futur, la réaction s’atténue ; au plus le futur est lointain, au plus la réaction est faible. De la même façon, la réaction est moindre si je pense aux problèmes de ma famille proche, et elle le sera encore moins s’ils concernent des personnes inconnues vivant dans un pays lointain.

Les économistes avaient déjà développé un concept équivalent en 1928 qu’ils appellent le taux d’actualisation sociale (social discount rate) qui est le taux de change pour lequel un individu serait prêt à reporter une satisfaction immédiate dans le futur.  Au plus haut est ce taux, au plus on valorise notre présent. Avec un taux de 5%, un mort l’année prochaine compte autant qu’un milliard de morts dans 500 ans ... 

Voilà quelques manières d’expliquer que notre impuissance face aux changements climatiques n’est pas seulement due aux campagnes de désinformation des lobbies ou à l’impuissance des gouvernements, mais aussi malheureusement au fonctionnement de notre cerveau.

On pourrait de même expliquer pourquoi il est si difficile pour une organisation de gérer son information. On imagine que la réaction du cortex préfrontal médian à nos préoccupations en termes d’information serait 

  • très haute pour l’information dont j’ai besoin pour résoudre le problème du moment
  • de moins en moins haute au plus le besoin et le problème se poseront à l’avenir
  • de moins en moins haute au plus le besoin concerne quelqu’un que je connais peu ou pas du tout.

Et donc oui une information qui pourrait avoir une valeur extrême pour un inconnu dans le futur ne vaut quasi rien pour moi et il y a bien peu de chance que j’en prenne soin aujourd’hui. Tout comme pour l’environnement et c’est bien sûr regrettable.  

En entreprise, cela va cependant mieux quand il y a un pacte autour de l’échange d’information - quand le cadre est clair, et que savoir que donner aujourd’hui signifie aussi recevoir.  

Blake & Mortimer disaient bien à propos de changer notre comportement présent face à un terrifiant futur dans l’album L’étrange rendez-vous paru en 2001 : “... aucune tâche n’est insurmontable”.  Heureusement le cerveau réagit aussi positivement à l’acte de donner ou de soigner - c’est un coup de pouce pour réduire le taux d’actualisation sociale qu’il faut saisir. 

Pour changer ce futur terrifiant, on pourrait donc commencer par s’organiser et à communiquer autour du plaisir de donner ou de soigner.  Voilà que j’imagine une commune remerciant ses citoyens pour avoir réduit le volume de déchets collectés de 5% au cours de l’année écoulée ou un système de gestion documentaire répondant à l’utilisateur après un upload “merci pour ce document que vos collègues actuels et futurs pourront rapidement retrouver et consulter avec intérêt”.

Donner, soigner et être remercié … maintenant.

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